Faro-Faro
Ecoute moi
Cette fois-ci c’est fini
Maintenant rentre chez toi
Quand mes oncles te parlent
Toi tu ne comprends pas
Mes tantes t’ont déjà dit
C’est la dernière fois

Quand j’appelle sur le cell
Tu ne réponds pas
Samedi soir, je te cherche…
Tu dors chez ma mbanda!
Pendant que je suis au travail
Toi tu es au nganda…
Mais quand il faut faire les courses
Ah là, je ne te trouve pas

Faro-Faro
Toi vraiment
Tu sais seulement faire souffrir
L’enfant des gens, oh
Quitte là, va là-bas,
Toi tu veux épouser
L’enfant d’une muluba?

Tu me dis que oh non,
Toi tu as les sentiments
Aujourd’hui même j’apprends
Que tu as déja quatre enfants

Faro-Faro
Hé, papa
Il faut aller faroter
Loin loin de moi
Quand mes oncles te parlent
Toi tu ne comprends pas
Mes tantes t’ont déjà dit
La porte est là
Viens chercher tes costumes, ton ipod, ta caméra
A partir d’aujourd’hui
C’est chacun chez soi

© Sabrina Moella

Mon Dieu!

Mon Dieu,

A quel point je t’ai aimé

A quel point je ne t’aime plus

A quel point je t’ai désiré

A quel point tu ne m’attires plus

A quel point tu m’as charmé

A quel point je ne te veux plus

A quel point tu m’as tenté

A quel point je ne ressens plus

Rien rien rien

A quel point je t’en ai voulu

A quel point tu m’as décu

A quel point j’en ai pleuré

A quel point je ne t’en veux plus

A quel point je t’ai aimé

A quel point je ne te veux plus

Mon Dieu!

A quel point, à quel point

L’amour rend fou


© Sabrina Moella

Tags: poésie poème

Peau de Soleil

Peau de soleil a froid aux pieds

Elle a oublié ses souliers

Elle va pieds nus, elle se sent seule

 

Peau de Soleil est mal aimée

Elle a perdu son beau fiancé

Elle est déçue, elle est si seule

 

Car

Peau de Soleil

Ne vit plus

Au Pays des Merveilles

Elle a grandi, elle se réveille

 

Car

Peau de Soleil

Ne vit plus

Au pays des Merveilles

Elle ne rit plus, elle se rebelle

 

Peau de Soleil est fatiguée

Elle a travaillé toute l’année

Pour revêtir son beau linceul

 

Peau de Soleil n’a plus sommeil

Elle ne mange plus, elle se sent vieille

Elle dit ses grâces puis part au ciel

 

Car

Peau de Soleil

Ne vit plus

Au Pays des Merveilles

Elle a grandi, elle se réveille

 

Car

Peau de Soleil

Ne vit plus

Au Pays des Merveilles

Elle dit ses grâces puis part au ciel


© Sabrina Moella

Tags: poésie poème

Quand tu partiras

Quand tu partiras

J’aurai ce goût amer dans la bouche

Quand tu partiras

J’aurai ce goût amer et ma bouche

Froide, incolore, inodore

Acre,

Ne dira pas un mot

Rien

Il ne restera rien de nos baisers

Loin, meurtris, chacun de son côté

Les jours heureux

Feront partie du passé

On s’était tant aimé, pourtant

On avait tant juré

Seulement,

C’est fou

La vie

Laide, cruelle, sans cœur,

Aura pris du plaisir à nous porter malheur

A présent tout est loin

Et lorsque l’on s’endort et lorsque l’on se couche

Plus rien sauf le goût amer dans la bouche

© Sabrina Moella

Ma galère

Je vis, faudrait pas croire, des choses extraordinaires

Alcoolique de bonne heure, euphorique, délétère

Ma galère

M’a menée

De Bahia à Paris

D’Alger jusqu’à Rio,

Cotonou, Tahiti

J’en ai vu des pays,

J’en ai eu des amis


A vingt ans, j’ai même été riche à millions

Mis des sous à la banque, rencontré des patrons

Mais misère

Tout cela n’a duré qu’une saison

J’ai flambé, j’ai misé,

Mais rien récolté de bon

Puis la vie a repris

Me laissant sans un rond


Je vis, faudrait pas croire des choses extraordinaires

J’ai élevé deux enfants sans avoir été mère

J’ai bien eu mille amants, j’ai pleuré, j’ai souffert

Mais l’enfer

M’attendra

Oh juste encore un peu

Car celui que je veux

Mijote à petit feu


Ma galère, nous la partagerons tous les deux

On s’aimera, on vivra, on ne sera jamais vieux

Et puis l’on se quittera comme de beaux amoureux

© Sabrina Moella

Comme rien au monde

Couleur charbon

Face de suie

Tête à boue

Tête à coups

Ma peau

Vaut

De l’or

 

Écoute

Tout près

Lorsque la nuit je rode

Si clair alors

Est mon dessein noiraude

 

Nattes au vent, en avant,

A peine vêtue mais libre

Cavalant, loin devant,

Et au fond déjà ivre

 

Laide, Noire, Vieille,

Tout ce que tu veux

Et mon nez écrasé

Renifle

Ta puanteur

 

C’est juré, désormais,

Je n’aurai plus jamais peur

 

Car je vis, je souris

Comme rien au monde

© Sabrina Moella

Nos rendez-vous

À l’heure de nos rituels amoureux

Je t’attends

J’en ai rêvé de nous deux

Et pourtant

Lorsque durant nos jeux

Constamment

Tes yeux m’invitent à les suivre…

Mes mains tremblent

Mon cœur tremble

Irrésistiblement

Mes mains tremblent

Mon cœur tremble

Je ne peux pas faire autrement

 

Tes mains dans les miennes

Ont une douce chaleur

Mes mains dans les tiennes

Pourraient rester des heures

J’aime l’odeur

De ta peau

La couleur

De ton dos

Gracile, docile, habile

Si tentant

Eblouie par le style

Excitant

De ton jeu, tantôt nu tantôt lent

A l’heure de nos rituels amoureux

Fébrilement

Eperdue, enivrée

Je t’attends

© Sabrina Moella

Watch me read and explain my poem ‘Tu’ / Dans cette vidéo, je lis et j’explique mon poème ‘Tu’

Watch me read and explain my poem ‘Les rêves’ / Dans cette vidéo, je lis et j’explique mon poème ‘Les rêves’